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Éviter le double comptage : Pourquoi les émissions indirectes resteront probablement en dehors du CBAM après 2026

CE BLOG EN BREF

Le règlement CBAM actuel stipule qu'à partir de 2026, les émissions indirectes de l'aluminium, de l'hydrogène et du fer/de l'acier ne seront pas couvertes. Cette décision s'aligne sur le cadre politique existant, car ces secteurs reçoivent une compensation financière de l'UE pour compenser les prix élevés de l'électricité résultant du système d'échange de quotas d'émission (selon une estimation, pour chaque augmentation de 1 €/tonne des prix de l'EUA, les prix de gros de l'électricité peuvent augmenter d'environ 0,5 à 1,2 €/MWh, en fonction de l'intensité en carbone du producteur marginal). Par conséquent, deux orientations politiques sont possibles pour l'avenir :

Maintenir le système actuel : Continuer à compenser les industries pour les prix élevés de l'électricité tout en excluant les émissions indirectes du CBAM. Cette approche permettrait d'éviter les changements réglementaires et d'assurer la stabilité des industries préoccupées par les défis logistiques.

Étendre le champ d'application du CBAM aux émissions indirectes : Éliminer les paiements compensatoires et inclure les émissions indirectes dans le CBAM, ce qui permettrait de protéger les industries de l'UE grâce aux recettes du CBAM tout en réduisant les dépenses publiques consacrées aux subventions.

Le mécanisme de tarification marginale de l'électricité en Europe 

Sur le marché européen de l'électricité, les prix sont fixés par un mécanisme de tarification marginale. Les producteurs d'électricité soumettent des offres indiquant le prix auquel ils peuvent produire de l'électricité, en allant du coût le plus bas au coût le plus élevé. Le prix pour une période donnée est alors fixé par la dernière unité d'électricité (c'est-à-dire la plus chère) nécessaire pour répondre à la demande - un concept souvent connu sous le nom d'ordre de mérite (Commission européenne, 2020a).

Comme de nombreuses sources d'énergie renouvelables, telles que l'énergie éolienne et solaire, ont des coûts marginaux proches de zéro, elles sont distribuées en premier. Toutefois, en période de forte demande ou de faible production d'énergie renouvelable, le marché se tourne vers les générateurs à combustibles fossiles dont les coûts d'exploitation sont plus élevés. Ces générateurs fixent le prix marginal que tous les acteurs du marché paient, quelle que soit la source qui a produit leur électricité.

Les prix élevés de l'électricité et leur impact sur les secteurs à forte intensité énergétique

La dépendance à l'égard des centrales à combustibles fossiles pour fixer les prix du marché signifie que les coûts de l'électricité dans l'UE ont tendance à être élevés pendant les périodes de pointe de la demande. En effet, même si les centrales à combustibles fossiles sont plus coûteuses à exploiter et ont des coûts carbone importants dans le cadre du SCEQE, elles sont nécessaires lorsque l'offre d'énergie renouvelable est insuffisante (Commission européenne, 2020b).

Compensation pour les secteurs à forte intensité énergétique

Les industries très sensibles aux prix de l'électricité, telles que l'aluminium, le fer/acier et l'hydrogène, sont particulièrement touchées par ces coûts élevés. Pour s'assurer que ces industries restent compétitives et éviter les fuites de carbone, l'UE a mis en place des mécanismes de compensation. Ces fonds permettent d'atténuer la charge financière imposée par les coûts élevés de l'électricité résultant du système de tarification marginale (Commission européenne, 2021).

Scénarios politiques : Maintien de la compensation ou extension du champ d'application du CBAM

Actuellement, le CBAM exclut les émissions indirectes de l'aluminium, de l'hydrogène et du fer/de l'acier après 2026. Cependant, deux voies politiques sont possibles :

Scénario 1 : Maintien de la compensation et maintien des émissions indirectes en dehors du CBAM

  • Évite de perturber les pratiques du secteur : Les entreprises peuvent préférer la stabilité et la clarté logistique à la restructuration des systèmes de conformité.
  • Garantie d'un soutien continu : Les fonds de compensation continueraient à compenser les coûts élevés de l'électricité.

Scénario 2 : Extension du CBAM aux émissions indirectes et suppression de la compensation

  • Réduction des dépenses publiques : L'élimination des programmes de compensation permettrait à l'UE d'économiser des fonds tout en transférant le soutien de l'industrie vers les recettes du CBAM.
  • Préserver la protection contre les fuites de carbone : La prise en compte des émissions indirectes dans le CBAM garantirait des conditions de concurrence équitables en empêchant les importations de bénéficier de coûts d'électricité plus faibles.

Perspectives réglementaires : Une décision qui façonnera la compétitivité de l'industrie

Alors que le CBAM est actuellement prévu pour exclure les émissions indirectes après 2026, les décideurs politiques doivent évaluer les compromis entre la poursuite des programmes de compensation et l'extension de la couverture du CBAM. Si les émissions indirectes restent exclues du CBAM, l'UE devra continuer à soutenir ses programmes de compensation. Toutefois, si le CBAM est étendu, les industries passeront d'un soutien financier direct à un recours accru aux recettes du CBAM comme protection contre les fuites de carbone.

 

Références